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Témoignage de
Mamadou
Touré (Vu sur http://www.fpett.fr/fpefront)
Mamadou Touré, vous
êtes responsable de Self Intérim, une entreprise de travail temporaire
d’insertion à Bondy en Seine-Saint-Denis. En février 2001, vous avez bénéficié
d’un financement sur les fonds mutualisés du FPE TT pour une action de
formation. Comment cela s’est-il passé ?
Mamadou Touré : En mars
1999, une entreprise de BTP a commencé un gros chantier de réhabilitation d’un
quartier difficile à Blanc-Mesnil. Comme elle s’était vu imposer une clause
d’insertion dans son contrat, nous avons lancé une opération de repérage de
jeunes en situation d’échec dans le quartier, en partenariat avec une
association intermédiaire. L’idée était, à partir de métiers de bas niveau de
qualification, de type manœuvres ou agents de sécurité et de gardiennage, de
travailler sur un projet professionnel pour sortir du dispositif d’insertion. Un
de ces jeunes voulait s’orienter vers les métiers de la logistique et du
magasinage et passer une licence de cariste. Avec la mission locale de
Blanc-Mesnil, nous avons travaillé longtemps avec lui autour de son projet
professionnel. Ca ne s’est pas fait du jour au lendemain, et ça nous a demandé
pas mal de boulot. Comme il n’était pas en situation d’employabilité, il y avait
énormément de freins qui nous empêchaient de penser formation ou emploi, en tous
cas dans une entreprise « classique ». Et puis tout s’est accéléré. Il a eu un
enfant et ça a agit comme un déclic. Il a commencé à se stabiliser, à tous les
niveaux. Il s’est concentré sur son métier, et son projet professionnel prenait
vraiment forme. Il était temps de lui proposer une formation de magasinier
cariste.
C’est à ce moment-là que vous avez fait appel au FPE TT ?
Mamadou Touré : En fait, je me suis d’abord tourné vers le
FAF.TT. J’ai pris contact avec Saïd Boussaad, qui était conseiller du FAF.TT
pour la région Ile-de-France. C’est lui qui m’a orienté vers le FPE TT, qui
pouvait m’attribuer une enveloppe sur les fonds mutualisés, en réagissant très
rapidement. La notion de rapidité était primordiale : cet intérimaire devenait
pressant, il arrivait au bout de sa réflexion sur son projet professionnel. Ce
nouveau père de famille voulait se stabiliser rapidement. Bref, c’était le
moment où tout pouvait basculer, alors qu’il avait mis tout en œuvre pour y
arriver. J’ai donc eu un entretien avec Christine Duhau, la responsable du
FPE TT, qui m’a donné des informations très précises, très claires sur la
démarche à suivre : une toute petite entreprise qui ne dispose pas d'un compte
suffisant auprès du FPE TT, qui a un projet en partenariat avec les pouvoirs
publics et qui ne peut attendre le remboursement de son action l’année suivante
peut faire une demande de financement exceptionnel. Comme le conseil
d’administration du FPE TT se réunissait quelques jours après, nous n’avions que
très peu de temps pour monter le dossier et trouver le cofinancement. On se
demandait si on allait pouvoir aller au bout. Je me suis tourné vers l’ANPE qui
m’a proposé de cofinancer le stage en SIFE (Stage d’insertion et de formation en
entreprise). Christine Duhau a présenté le dossier in extremis au Conseil
d’administration. Ca a marché.
Et aujourd’hui ? Mamadou Touré : La formation a eu lieu.
Elle s’est plutôt bien passée, avec une mise en route un peu difficile.
L’intérimaire a fait des efforts, il a été jusqu’au bout, il a eu sa licence
cariste. Ensuite, il est revenu chez nous. Nous l’avons mis à disposition
d’entreprises où il a pu tester son nouveau métier de magasinier - préparateur
de commande. Et nous lui avons trouvé un emploi dans une entreprise qui
recrutait. Elle n’était pas partenaire de l’opération, mais le fait que cet
intérimaire soit qualifié a joué largement pour cette embauche. Son CDD de trois
mois s’est transformé en CDI. Aujourd’hui, il travaille toujours dans
l’entreprise et il a trouvé une solution de logement, il a remis à jour sa
situation administrative qui était un peu chaotique, apuré ses dettes. Ses
problèmes de santé se sont réglés. Des parcours aussi complets, c’est
relativement rare, car les intérimaires ne sont pas toujours prêts à s’engager
dans de telles démarches : un an et demi, c’est long ! Heureusement, il y a
eu un bon enchaînement de circonstances : si l’ANPE n’avait pas répondu
présente, si le FAF.TT ne m’avait pas donné la bonne information, si le FPE TT
n’avait pas répondu si rapidement, ça ne se serait pas fait. Et quand on a
des partenaires comme le FPE TT qui s’impliquent et qui sont prêts à jouer le
jeu, ça facilite les choses ! |